Résolution du nouvel an n°1: En 2011, j’ai envie de baiser.


Je ne sais pas vous, mais moi, oui. Seulement, dans mon cas, c’est compliqué, comme ils disent sur facebook. Et pas seulement grammaticalement, mon amour.
Mes neuron-amour. C’est corporel, c’est sûr. Corpo-relationel. Corpi-gesturel.
C’est compliqué. Pourtant j’en aimerais plus des histoires de muscles - peints - pensés - archi vécus.
Enfin, vécus quoi. Et beaucoup de musique. Mon chéri. Des images. Des idées. Appréhension de trucs à deux mains comme des hanches. Des hanches. Des mots. Gros. Petits. Des respirations.
Auxquels s’ajouterait évidemment une certaine connaissance des horreurs de l’histoire. Ben oui, aussi. Comme les hanches.  Des choses du passé. Elles vous le diront, baiser à 40 ans, c’est bien. C’est mieux même...
Vous vous souvenez, c’était le temps des conquêtes, les enfants noirs que le prêtre catholique tuait à coup de massue- l’homme de Dieu n’ayant pas droit à l’épée. Dieu, je n’aime pas. Mais alors pas du tout du tout. Voilà c’est dit.
Au lit, on peut dire God… oh God, mais pas trop Dieu… oh Dieu. On peut dire oh... mon Dieu. Avec un possessif, ça va.  Mais je baise sans Dieu, mon amour. Car Dieu ne peut pas comprendre. C’est comme la ménagère de moins de cinquante ans, elle n’aime pas les films sous-titrés, elle ne peut pas comprendre. C’est décousu hein ? Et cette année, j’ai décidé de me découdre encore plus. C'est dire...

Donc, les bébés d'Afrique, comme ils ne se convertissaient pas tout de suite à la parole d’amour et d'évangile en langue étrangère, ils se prenaient un gros coup de massue. Je ne sais pas pourquoi ça a atterri dans mon texte ça, mais voilà, c’est là. Tout baise avec tout de toute façon. C’est un grand foutoir. Sans parler de la volonté, qui aussi fuck à mort partout et tout le temps.
Je me sens poulpe poulpoure, ingresque odalisque déglingée. J'ai envie de baiser mais j’ai pas envie de dire baiser. Et j’ai pas envie de mettre le ne. Le ne de n’avoir pas envie. Je suis presque aussi coincée que ma mère qui n’ose pas prononcer le s de sexe, et qui parle donc de relations hexuelles – quand c’est inévitable.
Je vais dire que je m’enamoure-corps à la place.
Les coups de massue. Je n’oublierai jamais.
Je m’enamoure-corps toi en sachant ça. En sachant tout. Je m’enamoure-corps toi, la tristesse de Bas Jan Ader et son péril en mer.
Je m’enamoure - corps toi - et moi surtout - et le coup de pied de Magritte aux fesses du collectionneur, comme ça, parce qu’il ne pouvait pas se retenir. Parfois c’est moi qui donne le coup de reins, parfois c’est lui/toi.
Je m’enamoure très corps, très fort, surfaces trompeuses ouvertes et les textures génitales des peintures de Cecily Brown - même si tu es noir, enfin marron. Ça doit être mon rose alors. Mes roses. Mes nuances.
Je m’énamoure-corps-tension dans les bas de Sarah Lucas.  Poussez, madame, c’est un garçon.
Je te raconterai mon amour. Les continents, les structures du langage, les amitiés, les peurs paniques, les douceurs, l’Afrique, le deuil, l’art. Transvestale transversale.

Il y a les suicides ratés –et ceux qui ont réussi.

J’ai les manières d’un vieil Africain dans les rues de Paris, un immigré qui a construit des routes pour tous et qui ne sait plus où il est, avec sa retraite d’o. s., ses mains calleuses et ses i à la place des e. Cette sorte de lenteur, tu vois ? Je suis aussi violente parfois. Comme pour me dégager de l’horreur du monde.
Le scrotom de mon ohm, les testes de mon chérinou - même devant mon ordi-nou. Pou pou pi dou.

Mais  putain ce que t’es beau. Non, c’est vrai. Là, tout près. Pénis, pénis pénis pénis pénis et tout le reste. Doux comme la peau des yeux. On s’agrippe, on se regarde à perdre la vue dans des grimaces d’opéra comique, sauvage et primitif ; l’extase des civilisations, c’est cool.

Tu me pénètres comme un monde. C’est dommage que ça fasse un peu porno. Tu m’appréhendes. C’est trop poétique. Tu  m’internes, médical.
Tu m’intradictes. Tu m’époustoufles. Tu m’irradies.
Tu m’adhères, m’adaptes, m’affoles, m’accules.
Tu manœuvres.
Tu maraudes et marchandes, tu martèles et tu mates, majoritaire – magistral mammifère.
Tu macaques moi.
Tu m’achèves.
M’abandonnes.
Tu m’as.
- Ah mais tu vas te taire, oui?
- Phalicoum humourous est, mon frère.
Autrement dit : « Il m’articule ce mec, c’est dingue. » 
(Glossolalies.)
Le keum me met. Comme un gant. Le doigt phallique pointé.
-Accusation ?
-Non.
Je suis le monde, mon amour. Mes organes. Le monde. Comment veux-tu ne pas être le monde dans ces cas-là. Pénétrazione. Par derrière, j’ai jamais eu l’impression d’être le monde, c’est vrai, ça.

Et puis, j’aime les coudes. Dans la pensée et pour les pliures internes. J’allais dire dans la tuyauterie, mais ça pourrait être mal interprété. Il y a une vulgarité de la tuyauterie et une noblesse. Il y a les deux.

Mon maniour, ne m’achète pas de diamant, je déteste ça, car j’ai une conscience politique, même si je n’ai pas d’âme.

Achète moi plutôt une tête réduite de Shuar. 
Pour chortir le choir, mon chéri.

Con- quiche- j’ t’adore : machette- (pas)
-Si

 

New year resolution n°1: In 2011, I'd like to fuck.


I don’t know about you, but me, I do. Although, in my case, it’s complicated, as they say on facebook. And I'm not only talking grammar here, my love.
My neuron-amooor. It’s physical for sure. Corpo-real. Carpe-relational. Corpee-gestural.
It’s complicated.
I would nevertheless like more muscles stories - painted, thought, sung - and lived to the extreme.
Just lived would do actually.  And music, lots of music, my love. Images. Ideas. Ooh.
Approaching things with two hands - like hips. Hips. And words. Big and small ones. All sorts of breathing.
To which of course a certain knowledge of history’s horrors would be added. Well, yes. Like hips. Things from the past. They'll tell you about it, sir, it’s good to fuck at 40. It’s even better...
Do you remember, it was a time for conquests and black children were massacred by priests’ bludgeons -as God’s men couldn’t carry swords. I don’t like God stories. I don’t like them -at all- actually. Now you know.
In bed, you can say God… oh God, but not really Dieu… oh Dieu. In French you have to add my between Oh and Dieu- and say oh, mon Dieu. Without this possessive adjective, it won't work.  And it’s not even a parable.
I fuck without God, my love because God doesn’t get it. It’s like the housewife under 50: marketing research has shown that she doesn’t like subtitled films, she doesn’t get it.
It’s slightly rambling, I agree. Unstitched. And I will come even more and more undone this year.
So, these cute African babies, if they didn’t convert to the gospel - hearing it in a foreign language - they’d get a big blow on their heads. I’m not quite sure why this ended up in my text. But it’s there… Everything is fucking with everything. It’s like the will. Fucking in everything.

I'l a calibrated calamari, an Ingresque odalisque. My mother, she doesn’t dare pronounce the s of sex. She speaks about hexual relationships, but only if it’s really necessary. And me, I don’t really like to say baiser. May I say ena-corpo-moured instead?
Bludgeons blows. I will never forget.
I’m so ena-corpo-moured by you and with you. Knowing that. Knowing everything.
I’m so ena-corpo-moured in you and with Bas Jan Ader’s sadness and his death at sea.
I’m ena-corpo-moured, you and me... Magritte kicking a collector's ass, just like that, because he left like doing it. Just couldn’t refrain from doing it.
I’m ena-corpo-moured hard in Sarah Lucas’ tights. Yes, push madam, it’s a boy.
I’m ena-corpo-moured, mislaid by open and deceptive surfaces with the genital textures of Cecily Brown’s paintings. Even if you’re black, I mean brown. It must be my pink then. My poor nuances.

I could tell you everything, my love. Continents, language structures, friendships, panicking frights, sweetness, Africa, bereavement and art. Transversal  - Trans-vestal.

I’ll tell you about failed suicides and successful ones.


I have the manners of an old African walking the streets of Paris, a tired immigrant who has build roads for everybody, but doesn’t quite know where he is anymore, with his worker's pension, his callous hands and his i instead of e. Do you see the kind of slowness I mean?

Sometimes it's also a bit violent, as if to get out of the world’s horror. Oh, my man’s scrotam, my darling’s testees, hum, even in front of my computeenoo.
But hey, boy, you look good. No, that’s true. There, right there. Penis, penis penis penis penis penis and all the rest of it. Soft as the skin of the eyes. Holding on to each other, we look so straight we could loose sight. Grimaces from a comic, savage and primitive opera. The civilisations’ ecstasy, it’s real cool.

You penetrate me like a world. It’s a shame that it sound so pornographic. You apprehend and comprehend me. Too poetical. You commit me. Too medical.
You intradict me. You amaze me. You irradiate me. You panic and pang me. You pantomine me and pander to me.
Palmy allmistry, you palpitate, I pedal, you poodle.
You palpate me. Whatever, english is the the majorit'y language... His master'sz voice.
- Can’t you just shut up? 
- « Phalicoum humorous est. », brother.
In other words « This guy articulates me, real crazy »
(Glossolalias.)
You're wearing me, like a glove.
Pointed phallic finger.
-Accusation?
-No.
I am the world my love. My organs, the world. How can you not be in this case? Penetrazionee. From behind I never quite got the feeling of being the world.

And what’s more I like elbows. For thinking - and for their internal folding.... and I was gonna say in piping - but that could be misinterpreted. There’s a vulgarity in tubing but there’s also a nobility. There's both. My loov, don’t buy me diamonds, I hate them. I do have a political conscience even if I don’t have a soul. What I’d like is a reduced head. Yeah.

 

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RDV très bientôt à l'atelier pour le mini opera "Fuck me " et l'installation "parfums des pauvres".

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The mini opera "fuck me" and the installation "poor people perfumes" soon at the studio

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